La schizonévrose
du développement durable
- Selon Aujourd’hui
en France du 1er juin 2005, « En 2004 l’Allemagne a construit des installations
photovoltaïques (énergie solaire) pouvant produire 600 mégawatts, et la
France 4 mégawatts ».
Jusqu’à une date
récente, EDF s’évertuait à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui
voulaient s’équiper de panneaux solaires. Cela n’empêche pas la société
nationale, de se payer de grandes pages de publicité dans les journaux pour
affirmer son combat pour les énergies propres (le nucléaire sans doute).
C’est comme les grands groupes pétroliers, qui, après des décennies de
lobbying pour restreindre le développement des énergies renouvelables, y
consacrent
aujourd’hui, une
grande partie de leurs budgets de recherche, non par souci de moins polluer,
mais pour être présent sur les marchés au moment de la fin du pétrole. Leur
volonté est surtout de vivre du pétrole, jusqu’à ce qu’il n’en reste
plus une goutte. C’est ce qu’ils appellent le développement durable, c’est à
dire le maximum de profit à court terme, donc à courte vue. La preuve en est
manifeste : bien que tout le monde sache que les ressources en pétrole
vont se réduire ( la polémique ne se situe que sur la date, dans dix, vingt
ou trente ans), pour les compagnies pétrolières, il faut vendre et vendre
toujours plus. Le prix est toujours celui du marché (hors des taxes de
chaque pays acheteur), alors qu’il aurait fallu
l’augmenter fortement et continuellement afin de préserver le stock. Les
producteurs auraient vendu moins,
toujours avec les
mêmes entrées de dollars, et cela aurait permis aux populations de s’habituer
à la pénurie et de créer une demande pour des énergies moins polluantes. En
effet, bien que l’opinion publique croie que l’essence augmente sans cesse,
rapporté au pouvoir d’achat des automobilistes, son prix a été réduit de
moitié entre 1970 et 2005. En revanche durant la même période, le prix en
euros constants des transports en commun a grimpé de près de 55% (Fédération
nationale des usagers des transports du 11 mai 2007).
« Si
l’on convertit le prix de l’essence en temps de travail qu’il faut pour avoir
cette somme pour une personne payée au salaire minimum, on constate qu’entre
1970 et aujourd’hui, le prix du litre d’essence est passé de 20 à 9
minutes… » Revue Silence n° 368.
Et pourtant : « L’Agence internationale de
l’Énergie (AIE) s’inquiète toujours d’une offre insuffisante pour les
mois à venir et d’une envolée des cours, en particulier pour
l’essence. » Nice-Matin du 12 mai 2007.
L’État français a montré jusqu’à maintenant une grande frilosité dans les
incitations aux énergies renouvelable, cherchant surtout, comme à son
habitude, à ne mécontenter personne et en particulier le lobby du nucléaire.
C’est d’autant plus préjudiciable, que maintenant qu’il est urgent
d’augmenter notablement les incitations fiscales, l’État est bien trop
endetté pour pouvoir les financer.
-
Selon l’Institut français de l’Environnement, la quantité de CO²
émise par les avions, calculée en passager-kilomètre, est jusqu’à 80% plus
importante que celle émise par les voitures particulières. Un Aller et Retour
Paris-New York diffuse plus de 500 kg de CO² par passager, dans l’atmosphère,
c’est à dire la moyenne que chaque habitant de la Terre ne devrait pas
dépasser par an. La consommation annuelle de carburant de l’aviation
commerciale génère 550 millions de tonnes de CO². (Belle
Santé,
mars 2005).
Cela
n’empêche pas les publicités, les publi-reportages et même les
reportages télévisés, sur les voyages Low-cost qui ont le vent en
poupe.
- Plus de la moitié
des eaux du pays sont fortement dégradées. C’est un encart dans le Figaro du 7 juin
2005.
Mais on continue à prêcher le productivisme agricole et à refuser de
pénaliser ceux qui déversent sur leurs champs, et donc dans les rivières
après chaque pluie, des millions de tonnes d’engrais chimique et de pesticides.
-
Selon Envoyé Spécial (France 2) du 18 janvier 2008, la moitié des produits agricoles contiennent des
pesticides interdits. Interdits par
l’Union Européenne depuis plusieurs années, le Simazine et le Paraquat,
fabriqués en Espagne passeraient allègrement la frontière encore
aujourd’hui !
-
Le Journal officiel publie deux textes favorables à l’élevage
intensif (Aujourd’hui en France du 10 juin
2005).
La
Cour européenne condamne la France à 28 millions d’euros d’amende et à une
astreinte journalière de
118
000 euros, pour dépassements réitérés de la norme sanitaire de 50 mg de
nitrate par litre, dans neuf rivières de Bretagne. (Aujourd’hui
en France du 7 juillet 2007).
Toutefois, deux mois
plus tard, en septembre, Bruxelles donne un nouveau délai de deux ans à la
France, qui du coup, octroie 68 millions d’euros d’aide aux 2000 exploitants
agricoles concernés, pour les récompenser sans doute, d’avoir traîné les
pieds depuis plus de trente ans pour appliquer la directive européenne
anti-nitrates adoptée en 1975 !
-
Selon le Monde du 10 juin 2005, le tiers des citadins souhaitent s’installer à la
campagne. Ils ignorent donc encore, que dans quelques années l’essence sera hors
de prix. Mais d’un autre côté, ils ont bien raison, parce que dans vingt ans
il sera devenu impossible de nourrir ces villes démesurées où
s’entassent déjà 80% de la
population française.
Sans pétrole, il faudra faire des dizaines de kilomètres pour chercher la
nourriture, qui atteindra des prix bien trop élevés pour la grande masse des
habitants.
«
De nos jours et encore plus demain, concentré dans ce qu’il appelle les
villes, [l’homme] est dangereusement éloigné de toutes ses sources de
nourriture et d’énergie. Celles-ci lui parviennent grâce à une organisation
hyper complexe de réseaux et de transports dont la fiabilité n’est pas encore
trop aléatoire. Le système d’interactions à l’intérieur duquel s’est installé
[cet] animal, n’a plus rien d’un écosystème naturel. Mais qu’est-ce que ça
peut lui faire ? […] Ce qu’il y a d’extraordinaire […] c’est qu’il
doit s’y trouver bien, et la comparaison avec ses frères mammifères pourrait
tourner court. Car eux, le zoo, ils ne l’ont pas choisi ». François Terrasson,
La peur de la nature.
« La population mondiale vit désormais
majoritairement en ville et l’urbanisation va continuer à croître, surtout en
Afrique et en Asie, qui abriteront en 2030 la majorité des grandes villes du
monde […] En 1900, il n’y avait, à l’échelle mondiale, qu’un urbain sur dix
habitants de la planète, et en 1950, un peu moins de 3 sur 10. En 2030, les
villes accueilleront six humains sur dix. » Revue de l’Ined
(Institut national d’études démographiques) de juin 2007.
À
tous ces citadins on donnera sans doute à manger des granulés ou des biscuits
secs, comme dans le film prémonitoire Soleil vert. Rappelons
à ce sujet que le mot « paradis » vient d’ « Eden »
(E.DIN en sumérien). Les Sumériens fortunés possédaient en effet de splendides
jardins (comme celui de Sémiramis, fondatrice de Babylone et des ses jardins
suspendus). Ainsi, ils disposaient de légumes, de fleurs, et surtout de
plantes médicinales. En fait les souverains éclairés ont tous incité les
populations à mélanger terres cultivables et habitations, ce qui avait
également l’avantage de pouvoir recycler tous les déchets, à l’époque, tous
biodégradables. L’arrivée du pétrole facilitant le transport rapide et à bas
prix, a ruiné l’esprit de cette sagesse.
-
Toujours dans le Monde du 10 juin 2005 : analyse du journaliste économique sur le projet de
gouvernement du nouveau Premier ministre : « sans
croissance c’est l’échec assuré ». La connivence des journalistes avec la
politique de croissance est unanime. La cause se trouve surtout dans
leur ignorance, mais aussi dans la peur du regard des confrères,
inquisiteurs, prêts à traiter le trublion, de fou, et à le mettre au ban de
la caste.
- Dans l’Express du 25
avril 2005,
les pays occidentaux ont, en 2003, envoyé illégalement plus de 23 000 tonnes
de déchets électroniques vers la Chine, l’Afrique de l’Ouest, le Pakistan et
l’Inde. Ces pays récupèrent des poussières d’or, du fer, de l’aluminium, du
cuivre, du laiton, du plomb, du cadmium, etc.
Ces opérations
qui libèrent des gaz toxiques sont effectuées le plus souvent par des enfants.
Alors que la convention de Bale interdit les exportations de déchets
toxiques, elle est encore autorisée entre Dubaï et l’Inde. Avec la
mondialisation, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux. Dans le
monde 4000 tonnes de déchets électroniques sont produits toutes les heures.
Rien
qu’aux Etats Unis, 250 millions de PC seront mis au rebut dans les cinq ans à
venir ; un milliard dans le reste du monde. Et près de 400 millions de
téléphones
portables, à la durée
de vie sans cesse plus courte, seront jetés dans les deux ans. Déjà en France
on jette chaque année 900000 magnétoscopes, 1,3 million de téléviseurs, 1,8
million de lave-linge… Cette tendance ne peut que s’accentuer.
Pour
inciter les téléspectateurs à verser leur obole à l’humanitaire, on montre
des images d’enfants malades à la télévision, mais jamais les gamins et les
gamines qui mettent leurs mains dans ces produits toxiques pour en récupérer
les métaux précieux.
-
Emission Thalassa sur France 3, le 10 juin 2005, sur le projet
d’extension d’exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie.
La compagnie
multinationale prévoit l’implantation de nouvelles zones industrielles. Elle
a déjà installé des bâtiments préfabriqués pour loger 6000 personnes. Une
main d’œuvre qualifiée surtout d’origine étrangère. Des images surréalistes
dans un tel
paysage. Les pêcheurs
locaux se font du souci ; l’exploitation du nickel rejette des
poussières rouges dans le lagon et fait disparaître sa biodiversité, en
particulier les coraux. Les eaux de pluie, comme dans les exploitations du
nord de l’île, vont charrier des métaux lourds ; les rejets de l’usine
seront également déversés dans le lagon. « La société compte sur les
courants pour les disperser » selon un responsable de la multinationale.
L’installation d’une
station d’épuration recommandée par des experts français est refusée par les
exploitants canadiens, parce que trop coûteuse. Les Kanaks interviewés se
demandent quel bénéfice ils vont en tirer, étant donné les
inconvénients. Mais le permis d’exploitation est déjà attribué.
Pour le responsable de la multinationale : « Les
optimistes ont tort, mais ce sont eux qui font tourner le
monde » !
Les discours sont en contradiction totale avec les faits. Alors qu’il n’y a
aucune fatalité. Quoi qu’il en coûte, des taxes très élevées devraient
s’appliquer sur l’extraction de métaux, afin de rentabiliser le recyclage
systématique. Pas un gramme de nickel, de plomb, de cuivre ou de zinc ne
devrait se retrouver au rebut. Et cela générerait bien sûr de nombreux
emplois.
À
l’heure actuelle, c’est bien le profit, la poursuite effrénée de la
croissance des bénéfices des multinationales, qui appauvrit, spolie et affame
ces pays.
Rappelons simplement les difficultés qu’ont les Péruviens à se faire
justice : depuis peut-être un millénaire, les Incas utilisent la maca,
une plante aux propriétés exceptionnelles ; une utilisation locale
jusqu’il y a peu. Aujourd’hui la maca est envoyée en Europe et en Asie. La
culture s’est intensifiée et les prix de vente ont baissé. Pourquoi
pas ? Mais bientôt, cette richesse va échapper aux Péruviens. Des
laboratoires américains, envoient des bio-prospecteurs dans tous les pays
pauvres, pour recueillir un maximum de
données sur des
plantes médicinales que les laboratoires analysent, synthétisent, avant
de déposer des brevets dans le monde entier, et ces pays ne pourront plus exploiter
leurs richesses naturelles.
À l’heure actuelle,
c’est bien le profit, la poursuite effrénée de la croissance des bénéfices
des multinationales, qui appauvrit, spolie et affame ces pays.
Rappelons simplement les difficultés
qu’ont les Péruviens à se faire justice : depuis peut-être un
millénaire, les Incas utilisent la maca, une plante aux propriétés
exceptionnelles ; une utilisation locale jusqu’il y a peu. Aujourd’hui
la maca est envoyée en Europe et en Asie. La culture s’est intensifiée et les
prix de vente ont baissé. Pourquoi pas ? Mais bientôt, cette richesse va
échapper aux Péruviens. Des laboratoires américains, envoient des
bio-prospecteurs dans tous les pays pauvres, pour recueillir un maximum de
données sur des plantes médicinales que les laboratoires analysent, synthétisent, avant de déposer
des brevets dans le monde entier, et ces pays ne pourront plus exploiter
leurs richesses naturelles.
C’est ce qu’on appelle la « Biopiraterie », et personne ne s’en
inquiète. Tout le monde s’en fout. N’est-il pas scandaleux que depuis 1950,
il suffise de définir la molécule d’une plante pour être considéré comme son
inventeur ! Qui a pu voter des lois aussi léonines ? Le Lion
états-unien bien sûr.
Les
paysans de l’Inde, depuis des générations utilisaient les feuilles du melia
azedarach pour confectionner des insecticides. Après que les Américains
eurent breveté cette plante, les indiens se virent interdire la confection de
leurs produits. Le gouvernement indien dû s’engager dans un long et coûteux
procès pour faire annuler ce brevet inique. Les paysans de l’Inde,
depuis des générations utilisaient les feuilles du melia azedarach pour
confectionner des insecticides. Après que les Américains eurent breveté cette
plante, les Indiens se virent interdire la confection de leurs produits. Le
gouvernement indien dû s’engager dans un long et coûteux procès pour faire annuler ce brevet inique.
Le libéralisme est un système économique et politique dont le but est
théoriquement de gérer la richesse des peuples en « bon père de
famille », son support est le contrat d’échange, mais il ne s’est jamais
embarrassé de morale, de justice, de fraternité, d’égalité, ni de la
liberté des peuples soumis. Pour se justifier vis- à-vis des valeurs qu’il
n’a jamais respectées, le libéralisme s’est inventé hypocritement des
missions évangéliques ou civilisatrices, comme dans le colonialisme entre
autres, où il s’est livré au vol et au pillage.
Le seul résultat
effectif fut bien sûr d’enrichir la classe des industriels et des
affairistes. Il n’est pas question ici de repentance, l’expression d’une
indécente hypocrisie, qui cache la continuation du même système, en pire.
Sans compter que plus
généralement, l’exploitation de l’homme par l’homme dépasse les continents et
la couleur de la peau. Entre l’esclave dans les champs de coton américains et
le mineur qui, au XIXe siècle, dans le nord de la France, passait
quatorze heures par jour, six jours par semaine, dans le fond de la mine pour
juste survivre, il y a
peut-être une différence de degré, mais pas de nature.
Certes tout Occidental est responsable des spoliations et
des dégâts faits aux pays pauvres, mais plutôt que de se laisser entraîner
dans la « repentance » molle, il faut agir à changer un système
inique, et contribuer tous, à mettre en place des mesures de survie ;
même s’il est sans doute un peu tard.
L’ultralibéralisme,
l’aboutissement logique du libéralisme, en est aussi sa caricature, sa
déviance, son danger,
parce que son seul but
est de gérer au mieux la Finance mondiale – encore elle – dans le cadre de la
mondialisation, en toute impunité et en tout anonymat. Malgré ses
conséquences insoutenables, aucune révolte n’est possible, puisqu’il n’y a
plus de cible, puisque leur « pignon sur rue » n’est que virtuel et
leurs richesses colossales cachées dans des « mémoires » super
sécurisées (jusqu’à quand ?), peut-être au sein d’un blockhaus enfouis à
300 mètres de profondeur dans l’immense désert d’Australie.
L’imagination la plus
débordante sera toujours en dessous de leur capacité de puissance et de
nuisance. La finance mondiale se soucie peu des sociétés concernées par
ses actions de prédation. Les entreprises nationales, leurs salariés, et les
systèmes de protection sociale, sont même des obstacles à briser. Les maîtres
de l’ultralibéralisme sont des groupes financiers, en majorité
américains, qui tirent toutes les ficelles, et bidonvillisent sans scrupules
le reste du monde. La quasi unanimité des gens sont tellement endoctrinés par
la propagande, dont la publicité et les médias sont les fers de lance, qu’ils
ont certes du mal à croire que c’est en fait là, que paradoxalement, se situe
le Mal.
Comment peut-on avoir encore confiance en l’homme lorsqu’on sait ce qu’il a
été capable de faire, et fait encore, de mal à l’Afrique, dès qu’il a
découvert que cette terre renfermait tant de diamants ? Meurtres, vols,
pillages, destruction des terres arables, anéantissement de villages entiers,
famines. Le diamant a été la cause et le moyen de financement de multiples
guerres en Afrique. La guerre du diamant a généré un faramineux développement
du commerce des armes, avec des milliers d’enfants enrôlés de force, tués,
mutilés, ou bien
déjà des anciens
combattants à quinze ans. Le traité de Kimberley signé en 2003, n’a rien
résolu.
Le
« processus de Kimberley » vise à mettre en place un système de
certification des diamants bruts afin d’exclure les « diamants de
guerre » ou « diamants de sang », du commerce LÉGITIME.
Le Congo-Brazzaville
exploite frauduleusement les diamants de la République démocratique du Congo.
Il est devenu le lieu de transit des « diamants de sang » exportés
frauduleusement vers le Liban. Les enquêtes de l’ONG ont révélé que le Liban
avait importé pour 156 millions de dollars de diamants bruts en provenance du
Congo-Brazzaville. Un pays montrant, d'après le « processus de
Kimberley », un grand décalage entre sa production de diamants et ses
exportations.
Pressafrique du 12 août 2005.
Le pétrole et toutes les richesses minières causent les mêmes exactions. Les
Africains meurent de faim et s’entre-tuent, parce qu’ils vivent sur un
continent, le plus riche de la Terre, qui attire tous les prédateurs de la
planète.
Malgré les signes évidents de détérioration des économies européennes,
certains croient être préservés de la mondialisation. Parmi des milliers
d’exemples, à une plus petite échelle, celui des horticulteurs varois,
devrait pourtant
retenir l’attention, même si les journalistes parisiens se soucient peu de la
France profonde.
La plupart des producteurs de roses de la région d’Hyères déposent le bilan,
concurrencés qu’ils sont par les roses hollandaises. Or ces roses ne sont pas
cultivées aux Pays-Bas, mais importées du Kenya. Des roses cultivées
d’une
manière intensive,
avec force engrais chimiques et pesticides qui polluent la nappe phréatique.
Mais surtout, pour cette production, les terres des Massaïs sont
de plus en plus
spoliées et ces peuples voient leur territoire se réduire tous les jours,
leurs bêtes mourir et eux-mêmes, être poussés à la sédentarisation en allant
grossir les rangs des chômeurs des villes. C’est ainsi que la mondialisation
prétend apporter le développement dans toutes
les parties du monde.
« La dynamique techno-économique
mondiale déracine les peuples et entraîne une déculturation dramatique de
toutes les sociétés "traditionnelles". » Serge Latouche, La
Mégamachine.
En France de nombreux maraîchers partant à la retraite ont abandonné leurs
terres aux promoteurs, parce qu’elles n’étaient plus rentables et qu’aucun
jeune agriculteur ne pouvait les reprendre. Les consommateurs se précipitent
sur des produits moins chers, cultivés sur de la paille ou de la laine de
verre comme en Andalousie : des fruits et des légumes sans aucun goût,
gorgés d’engrais et de pesticides. Des produits chargés sur des
semi-remorques qui font des kilomètres sur les routes.
Dans leur bas prix,
qui attire tant le client, n’est pas compté tout l’investissement en
infrastructure permettant ces transports qui sont payés par le contribuable
au travers des subventions de l’Etat ou des Régions : autoroutes, ports,
plates-formes multimodales etc. Lorsque le pétrole sera devenu plus cher, les
habitants des villes regretteront amèrement d’avoir laissé urbaniser à
outrance leur périphérie et d’avoir laissé disparaître toutes ces cultures.
Ils devront alors acheter leurs fruits et légumes au prix très
fort.
Toute cette incohérence n’est pourtant pas cachée, elle s’étale même dans les
journaux : « Dans quinze ans, il n’y aura plus d’agriculture dans le
Var » (Var-Matin du 12 décembre 2005). Mais tout est fait,
pour faire croire à la population, que ce qui arrive, est une fatalité, alors
que ce n’est que la conséquence d’un « laisser-faire » idéologique.
Les grands aventuriers, les grands prédateurs, les Attila, ne se sentent pas
à l’aise dans un petit monde : petite agriculture, petite industrie,
petit commerce, artisanat… C’est pourtant une structure où chacun se connaît,
où les relations entre les individus tissent un réseau social. C’est une
société où chaque objet porte la
marque d’une empreinte personnelle.
Les financiers ont sciemment cassé cette cohérence sociale parce qu’elle
n’était pas rentable. Une cohérence sociale qui ne nécessitait pas de
dépenser (d’investir) des
fortunes pour
développer les autoroutes, les chemins de fer, les aérodromes et les ports.
Quel manque à gagner pour les banques qui ne prêtent qu’aux riches et à
intérêt ! C’est ainsi que l’argent crée l’argent et se multiplie. Il lui
faut une croissance soutenue.
Pour que la culture des céréales, des pommes de terre ou des choux fleurs
rapporte plus, il fallait regrouper des terres, prêter à intérêt à Pierre
pour qu’il achète la parcelle de Paul, à qui on faisait miroiter les
bienfaits de la ville et du travail en usine, où en fait, il allait s’abrutir
à faire un travail répétitif pour un salaire de misère. Petit à petit, la
ferme qui s’inscrivait naturellement dans le paysage et qui n’avait pas
besoin d’assainissement particulier, puisqu’elle était perdue au milieu de
plusieurs hectares de champs et de
bois, se transforma en
usine agricole, nécessitant d’importants investissements pour satisfaire aux
normes, et pourtant polluer quand même. C’est ce qu’on appelle un cercle
vicieux. Ce cercle vicieux, grâce aux banques et aux politiques ( certains de
ces derniers, atteint de cécité et la plupart tout simplement corrompus), a
fini par atteindre toute la société. C’est ainsi que les bons produits de
l’agriculture, non toxiques et ayant du goût, ne se retrouvent plus sur
les marchés puisqu’ils
coûteraient trop cher par rapport aux produits issus de la culture intensive,
qui épuise des sols. Des sols qu’on est obligé de bourrer de produits
chimiques, lesquels provoquent des cancers. Mais ce sont des produits
qui dégagent une forte plus-value.*
* Les agriculteurs n’étaient plus que
2,4% des actifs en 2002 contre 6,3% en 1980. Ils nourrissaient 6 fois plus de
personnes qu’en 1950. Un hectare de blé donnait 22 quintaux en 1956 et 66 en
1994 (selon l’INSEE).
Sur
le plan mondial, les paysans représentent encore 50% de la population. Et si
28 millions d’agriculteurs possèdent un tracteur, 250 millions utilisent la
traction animale et 1,3 milliard travaillent à la main (selon José Bové).
La France a perdu 17800 boulanger
(44%), 73800 épiceries (84%), 3500 fromageries (76%), 1300 librairies et 4700
commerces de chaussures (50%), 4300 quincailleries (46%), entre 1966, date de
l’apparition des grandes surfaces et 1998. Pour un emploi précaire créé en
grande surface, 5 emplois durables sont détruits.
Chiffres
cités dans Casseurs de pub n° 22, 26 et 31.
De même,
pour les banques, les petites industries fabriquant de l’électroménager qui
durait presque toute la vie, ce n’était pas viable. Cela ne leur rapportait
rien. Chaque industriel de la vieille école était attendu au tournant. Il
s’agissait de ne lui donner aucune chance de s’en sortir, et même, il était
judicieux de lui tendre quelques pièges, afin de pouvoir les regrouper en ce
qui deviendrait plus tard des multinationales, fabriquant des produits de
durée de vie plus courte, afin d’engranger, là aussi, des plus-values
supplémentaires.
L’entreprise paternaliste était morte. La grande industrie liée à la banque
est impersonnelle, elle n’a pas d’autre justification que de faire de
l’argent, que de verser des dividendes à ses actionnaires. Alors, avec la
multiplication des revendications des syndicats qui se croyaient aussi forts
que le patron, les entreprises ont délocalisé à tour de bras, vers des pays
à bas salaires. Un euphémisme
puisque tout le monde
sait les conditions insoutenables dans lesquelles travaillent ces nouveaux
esclaves, souvent des enfants, sans souci de leur santé ni de la protection
de la nature.
C’est le prix de notre confort et nous faisons semblant de l’oublier ;
et les médias parlent bien sûr de mille choses très importantes, mais
rarement des scandales qui pourtant nous touchent de très près.
Mais
refuser de voir et d’entendre, n’empêche pas les effets de suivre
inéluctablement les causes. La concurrence poussée à ses limites et le
chômage qui suit les délocalisations, amènent une baisse des impôts et des
cotisations patronales et salariales, donc une baisse des ressources de
l’État et un assèchement des caisses sociales. Comme les gouvernements
successifs n’osent fermer le robinet des prestations sociales par peur de la
rue, l’État s’endette. Cette économie mondiale des super-profits, du gaspillage
institutionnel et de la dette publique place chacun des anciens pays
industriels, sous la domination d’une super-bureaucratie gestionnaire de la
dette, n’obéissant qu’à la finance et responsable de la dés-humanisation de
la société.
En revanche, si la rémunération moyenne des PDG américains était de 43 fois
le salaire de l’ouvrier en 1960, de 100 fois en 1990, il atteint les 200 fois
en 2007 !
-
Dans le journal Aujourd’hui en France du 18 juin 2006, un article sur le
retour de la culture du lin dans le nord de la France, se termine
ainsi : « Quand vous achetez un vêtement en lin, même en
provenance de Chine, la plante a de fortes chances d’avoir été cultivée en
Europe… Une jolie histoire de mondialisation réussie à
méditer ».
Une
façon surtout pour le journaliste de révéler son ignorance et sa servilité à
la pensée unique.
Il faut croire que
nous ne sommes plus capables de fabriquer des vêtements en France, même quand
nous disposons de la matière première. Délocaliser une fabrication c’est
créer du chômage et fermer le robinet qui alimente les caisses
sociales (maladie, retraite, chômage)! C’est le remède qui tue, malgré
les beaux discours des menteurs qui disent que c’est un bienfait pour tout le
monde… Il n’y a qu’à ouvrir les yeux et voir les conséquences
!
Quel progrès !
Sans compter le
transport à l’autre bout du monde de la matière première et le retour des
produits finis, avec le gaspillage du pétrole, la pollution et l’augmentation
de l’effet de serre.
Même
absurdité avec les chênes de France envoyés en Chine ; les menuiseries
et scieries françaises ferment, les parquets venus de Chine sont moins chers.
Mais le coût social des chômeurs et le coût environnemental du CO² qui s’en
préoccupe ?
Même
absurdité avec les chênes de France envoyés en Chine ; les menuiseries
et scieries françaises ferment, les parquets venus de Chine sont moins chers.
Mais le coût social des chômeurs et le coût environnemental du CO² qui s’en
préoccupe ?
« On vit vraiment
une époque formidable », comme disait Reiser, le dessinateur d’Hara-Kiri
hebdo, il y a plus de trente cinq ans ! Vivement que le pétrole
coûte 200 dollars le baril, nous serons peut-être obligés alors, d’être moins
stupides et de réapprendre à fabriquer des chaussettes.
« J’aurais
voulu voir le jour où il n’y aura plus du tout de pétrole. Voir l’inventivité
des hommes, comment ils vont faire, sans plastique, sans électricité, sans
télé, tout ça. »
Alain Souchon, Le Monde du 2
septembre 2005.
Ce
qui de toute façon, comme d’habitude dans l’Histoire, n’empêchera pas le
pire :
« Les
guerres ne se font jamais pour des motifs identitaires, les affrontements
ethniques ou religieux masquent toujours des enjeux beaucoup plus concrets.
[Les guerres actuelles dissimulent à peine] un affrontement stratégique grave
et durable autour des réserves de pétrole, dont l’épuisement est annoncé
d’ici vingt à quarante ans. [La Chine, pour continuer l’accroissement de son
niveau de vie jusqu’à atteindre celui des pays occidentaux], devra consommer
pratiquement la totalité des ressources mondiales pendant les vingt
prochaines années ! Le même problème se profile pour les Indiens, les
Africains, les Latino-Américains. » Bernard Nadoulek, auteur de
L’épopée des civilisations, (le Figaro du 26 septembre 2005)
-
Toujours dans Aujourd’hui en France du 18 juin 2006, un titre
accrocheur : « Les voitures chinoises débarquent ». La tyrannie de la
Finance internationale est si insidieuse, ses victimes sont si endoctrinées
par les médias, que personne ne remet en cause son pouvoir et sa pensée
unique. Les voitures chinoises sont moins
chères que les nôtres,
et le public, interrogé par le journal, ne voit pas pourquoi il refuserait de
les acheter. Certains ont seulement des doutes sur la qualité du produit et
le service après-vente. Le mot mondialisation ne veut rien dire, il faut
inventer un mot qui signifie la réalité ; c’est à dire que le
libéralisme sans garde-fou, sans encadrement des échanges, est un système qui
détruit toutes les structures des pays qui sont balayés par ce vent fou.
La mondialisation
c’est la bidonvilisation du monde.
Rappelons que les élus du peuple français, après la Seconde Guerre mondiale,
ont mis en place un système de caisses d’assurances-maladie, chômage et
retraite, unique au monde. Répétons, puisqu’il semble que ce n’est pas
évident, que ces caisses ne sont pas alimentées par la manne céleste,
mais par les cotisations des salariés. Plus les habitants de ce pays, sous le
prétexte de leurs bas prix, achètent des produits d’importation, plus les
usines
locales ferment, moins
de cotisations sont versées et plus de prestations doivent être payées. C’est
évidemment un système absurde qui ne peut mener qu’à la guerre civile. Certes
la solution n’est pas aujourd’hui dans un protectionnisme rigide ; mais
de tout temps en économie, les échanges ont relevé d’une concertation entre
des pays qui avaient intérêt à ces échanges. Le « n’importe quoi »
de la dictature financière d’aujourd’hui n’a jamais existé auparavant. La tâche
de l’Europe était justement de négocier des contrats
entre ses pays membres
et le reste du monde. Les USA prêchent l’ultra libéralisme, mais c’est un des
pays qui défend le mieux et qui subventionne le plus ses propres entreprises.
La France en revanche est un pays atteint de schizophrénie puisqu’elle n’a
pas conscience que sa force vitale est balayée par les délocalisations, alors
qu’elle passe son temps dans la rue à vouloir défendre ses acquis sociaux,
qu’en tant que consommateur, elle s’est empressée pourtant de brader.
« On
ne peut combattre le système des autres et en même temps acheter leurs
objets », p 417. Tiziano Terzani, La fin est mon commencement.
Le
Préambule de la Constitution de 1946, repris par celle de la Ve République,
précise que « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir
un emploi ».
Ce qui est écrit dans la Constitution, ce qui devrait faire force de loi, ce
en quoi tous les Français croient, est en complète contradiction avec cette
croyance, cette foi inébranlable dans l’ultralibéralisme, dans la
mondialisation moderne, c’est à dire dans le dieu Finance. Le pays est donc
en pleine névrose. Aucun gouvernement ne s’est opposé réellement au transfert
des emplois dans des pays lointains où les salaires sont bas et les entreprises
non soumises aux charges sociales. Ainsi, pour obéir à une idée au demeurant
absurde, la base même de ce qui permettait la réalisation du principe
constitutionnel est sapée irrémédiablement.
Pour un pays comme la France il n’y aurait rien d’immoral à établir une
écolo-taxe (taxe carbone) et une socio-taxe, afin de pénaliser les pays qui
fabriquent des produits qui nous inondent (plus de 80% des jouets achetés en
France sont fabriqués en Chine) alors qu’ils ne respectent, lors de leur
fabrication, ni l’environnement, ni des conditions de travail et de salaires
décentes.
« Le
prix d’un produit ne devrait pas seulement comprendre les coûts de
fabrication, mais également ceux de son élimination par un recyclage
raisonnable. C’est la seule façon de faire évoluer la concurrence sur le
marché libre vers des produits respectueux de l’environnement et non vers un
flot toujours plus important d’ordures biologiquement dangereuses ».
Eugen Drewermann, Le progrès meurtrier, page 49.
Depuis
sa mise en place, quel a été le réel impact de la taxe
« éco-emballage » ? La société éponyme a perdu tout ce qu’elle
avait apporté sur un plateau au fameux Bernard Madoff, l’escroc aux 50
milliards de dollars ! Voilà où passe, une fois de plus, l’argent
« des bonnes causes » !
Ces
diverses taxes devraient en revanche,, alimenter les caisses sociales vidées
par le chômage. Sans compter que certaines entreprises qui se sont
délocalisées pour quelques dollars de plus, ne tarderaient pas à
revenir.
D’une façon plus générale,
la taxation des énergies rares et polluantes doit remplacer progressivement
la taxe sur le travail. Mais bien sûr, l’OMC, l’Organisation mondiale du
commerce, condamnerait la France. Et qu’est-ce que l’OMC ? Un organisme
dont le but est de faciliter le libre-échange dans le monde par la
suppression de tous les obstacles possibles. C’est l’instrument de
l’ultralibéralisme au plan planétaire. Un organisme manipulé par les lobbies
financiers et les multinationales, c’est-à-dire par des gens très puissants,
qui ne sont ni choisis ni élus par les populations qui subissent leurs
dictats. « On reconnaît l’arbre à ses fruits », et justement, les
pays du tiers-monde n’ont jamais réussi à faire supprimer par
l’OMC, les
subventions des pays riches à leur propre agriculture ! Cela n’empêche
pas les adeptes de l’ultralibéralisme, donc de la globalisation, avec une
hypocrisie d’une immense indécence, de voir dans les délocalisations, une
chance donnée aux pays en voie de développement. Précisons également que l’Organe
de Règlement des Différends de l’OMC, l’ORD, a pénalisé l’Union européenne
pour avoir refusé d’importer du bœuf aux hormones des Etats-Unis !
« On ne voit
pas pourquoi les gouvernements […] des pays occidentaux continueraient
d’accepter qu’un petit nombre de trusts (tels que BP, Texaco ; Shell et
d’autres) contrôlent une part essentielle de moyens de production mondiaux
sans se préoccuper d’intérêts nationaux ou internationaux quels qu’ils
soient, et notamment de la sauvegarde de l’environnement ». Eugen
Drewermann, Le progrès meurtrier, page 49.
Le
« Financisme, avatar du Capitalisme » est aux mains d’une
super-élite, aux pouvoirs discrétionnaires, qui n’a, répétons-le
inlassablement, été ni choisie ni élue et qui contrôle la technologie, l’énergie,
la monnaie et contrôle la science, les techniques, l’énergie, la monnaie et
l’information.
« [La
disparition du bon vieux tramway] aux Etats-Unis n’a pas été motivée par des
problèmes de circulation, mais par la volonté de firmes, comme General Motors,
d’écouler un maximum d’autobus ». Eugen Drewermann, Le progrès
meurtrier, page 50.
La
Finance mondiale fait son beurre des délocalisations qui rendent exsangues
des pays comme la France. Alors, comment peut-on parler d’intégration des
jeunes, des enfants d’immigrés ou d’étrangers, dans une société, elle-même
totalement désintégrée, déstructurée par les délocalisations dues à la
mondialisation, résultat du pouvoir absolu des banques internationales ?
Précisons également
que de même que les parasites dans la nature sont fort utiles, de même le
commerce est utile dans une société. C’est un intermédiaire le plus souvent
incontournable entre le producteur et le consommateur. Le problème de notre
société dominée par la mondialisation de la finance, qui a délocalisé presque
toute la production industrielle, et anéanti la fabrication artisanale, c’est
qu’il ne reste plus comme activité économique à part le commerce. Dans
la nature, s’il ne reste plus que les parasites, ils disparaîtront en même temps
que toute forme de vie.
Les bons apôtres de l’ultralibéralisme, plutôt que de dire la vérité,
montrent avec fierté, les quelques entreprises qui exportent. Des entreprises
spécialisées dans la haute technicité, mais jusqu’à quand ? Selon la
presse unanime, l'Airbus A380, est le plus grand avion civil jamais
construit. Un avion géant à 850 sièges devant lequel le monde entier
est en extase. Seul le journal
Casseurs de pub (La
Décroissance),
dit la vérité parmi le flot d'éloges et de congratulations. Dans dix ou
quinze ans, le prix du pétrole sera si cher ( à la différence des carburants
automobiles, le kérosène n’est pas taxé depuis la Convention de Chicago
de 1949, dont l’objectif était de développer le transport aérien !), que
la place sur cet
A380 ne sera abordable
que pour les très riches, donc il ne sera pas rentable, et son investissement
une perte sèche pour les états qui l'ont financé, comme cela l'a été pour le
Concorde, notre précédente grande fierté. L'A380 est prétendument moins
gourmand que ses prédécesseurs, mais c’est encore un monstre polluant.
Quelques milliers de ses semblables dans l'atmosphère de notre pauvre
planète, et bonjour les dégâts dans la couche d'ozone.
De
toute façon, les entreprises de haute technicité ne résorbent pas le chômage
puisqu’elles emploient un petit nombre de personnels très qualifiés,
alors que la masse des demandeurs d’emploi ne l’est pas. C’est cette masse de
salariés sur le carreau qui ne paie pas de cotisations et qui reçoit des
prestations. En fait, l’ultralibéralisme est antinomique avec l’intérêt
général, et il ruine les pays qui écoutent son chant de sirène.
T
outefois, s’il est
utile de montrer ce qui va générer petit à petit la bidonvilisation de la
France, il est somme toute, dérisoire d’échafauder des stratégies de défense,
comme la réinstauration d’un semi-protectionnisme, étant donné que l’État va
continuer à perdre ses pouvoirs d’intervention. À supposer que l’Europe ait
la volonté réelle de se protéger un tant soit
peu, l’Internet,
l’invention la plus extraordinaire de tous les temps, est en train de
bousculer tous les schémas de pensée, ainsi que le monde de l’industrie, des
services et du commerce. Aucun État ne pourra bientôt plus contrôler ce qui
est produit, où c’est fabriqué, qui le vend et à qui c’est vendu. Dans les
coins les plus reculés, la personne la plus isolée pourra commander et se
faire livrer un réfrigérateur ou un téléviseur, mais aussi des armes ou de la
drogue sans grand risque. Le pire est donc à venir avec cette
déstructuration
sociale générant une déshumanisation catastrophique. Encore plus
qu’aujourd’hui, le monde sera partagé entre des nantis sur-sécurisés et des
masses laborieuses ou assistées, livrées à des hordes ne pouvant survivre que
dans la violence extrême, dont ils seront eux-mêmes les victimes, lors des
inévitables luttes inter-gangs.
- Autre exemple, si
c’était encore nécessaire, du développement durable et du bienfait de la
mondialisation de la Finance : La petite République indépendante
de Nauru,
perdue dans le Pacifique, a vécu dans le confort de nombreuses années, grâce
à une terre très riche en phosphate.
La population n’avait
pas vraiment besoin de travailler ; dotée de hauts revenus, insouciante,
elle vivait dans un paradis.
Un paradis fiscal aussi,
aménagé par les dirigeants cupides, avec son cortège de compromissions, de
corruptions, et de démagogies pour les cacher. Pendant ce temps là, le
phosphate s’épuisait, emporté par de grandes puissances (Australie, Canada…),
et l’île se transformait petit à petit en désert, et comble du paradoxe et de
l’absurde, plus rien ne pouvait être cultivé.
En effet, pour
atteindre le phosphate, il faut d’abord enlever tous les arbres, puis la
terre arable ! Cette île est le symbole de la planète, elle préfigure la
Terre de demain, le paradis devenu enfer par l’exploitation des ressources et
des hommes. La seule ressource de ce pays, consiste maintenant à recevoir des
subventions en échange de tous les immigrés clandestins que l’Australie lui
envoie, pour les parquer. Le pire est toujours à venir avec les hommes ;
le désert de Nauru est en train de devenir une prison privée. Osons dire très
haut que si cette petite société avait été dirigée par des femmes à la place
d’hommes cupides, arrivistes, mégalomanes et démagogues, Nauru n’en serait
pas là.
Et
malheureusement, les hommes politiques qui devraient sans cesse répéter la
vérité sur la situation et montrer du doigt les véritables responsables, par lâcheté,
démagogie ou intérêt, préfèrent se chamailler entre eux et perdre ainsi un
temps précieux.
Certains ne verront là que théorie du complot et paranoïa. Il n’y pas de
complot. Il y a simplement l’évidence que l’argent depuis l’instauration du
patriarcat, corrompt tout ce qu’il touche, et que la science et les
techniques se sont donc mis à son service. Il faudra bien que l’homme invente
un autre système que celui qui est basé exclusivement sur le profit.
Dans Dialogues avec un sauvage, La Hontan (1666-1716) fait dire à
l’Indien Adario :
« Ce que vous appelez argent est le démon des démons, le tyran des
Français, la source des maux, la perte des âmes et le sépulcre des vivants.
Vouloir vivre dans le pays de l’argent, et conserver son âme, c’est vouloir
se jeter au fond du lac pour conserver sa vie […] Cet argent est le père de
la luxure, de l’impudicité, de l’artifice, de l’intrigue, du mensonge, de la
trahison, de la mauvaise foi et généralement de tous les maux qui sont au
monde ».
Le communisme était une chance
pour l’humanité. L’homme avait enfin la possibilité d’inventer une société
idéale basée sur le respect des uns et des autres ; où chacun pouvait
œuvrer au bien de tous. Une sorte de christianisme laïque sans prêtre ni
rabbin ni imam. Mais parce qu’il était essentiellement patriarcal, parce que
comme les autres systèmes, il avait conservé la négation du « principe
féminin » et de la nature, ce communisme là n’a pu que révéler ses
aberrations, il fut un désenchantement total. Il faut chercher
ailleurs ; s’il n’est pas trop tard.
Il s’agit alors et d’abord, de
faire table rase de tout ce qui concerne l’absolutisme du patriarcat, et ce,
dans tous les domaines, même et surtout dans les religions. C’est la seule
attitude révolutionnaire, tout le reste n’est que replâtrage inefficace.
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