
Le temps des imprécations
Choisissons l’incinération
afin qu’aucun clone ne sorte jamais
d’une de nos cellules.
Dès le jeune âge il faut se méfier des hommes.
Toujours il faut craindre leur violence.
A peine sortis du ventre de leur mère, les hommes se cherchent querelle.
Pour les autres, on est toujours trop grand, trop petit, trop gros, trop maigre, trop noir, trop blanc, trop bête ou trop intelligent.
Les hommes, il leur faut à tout instant montrer leur supériorité de mâles.
"…L'ordre protège mal les faibles et dès l'école on permet aux forts d'abuser des plus doux, on observe en riant ces jeux barbares et l'on affirme gravement que ces horreurs servent à les former… "
Albert Caraco Huit essais sur le mal.
Même s’il n’y a pas de femelle aux alentours les mâles veulent montrer leur force.
C’est dans leurs gênes, ils sont programmés pour emmerder le monde.
Leurs ridicules parades de paon vous laissent indifférent mais il faut quand même qu’ils viennent vous exciter.
Il faut qu’ils se mesurent à l’autre.
Des fois que votre silence laisserait à penser que leur domination n’est pas complète.
L’essence de l’homme comme celle des autres animaux est de se reproduire.
La clé de la survie de l’espèce est dans le désir sexuel.
L’homme n’a qu’une raison de vivre : se placer en position dominante par rapport à ses concurrents, pour séduire la femme.
La volonté de puissance n’est rien d’autre que cet instinct de domination.
Chaque espèce animale a ses propres stratagèmes pour permettre au mâle de montrer ses avantages.
Chez l’homme tous les moyens sont bons, de la richesse à la puissance politique en passant par la célébrité médiatique.
La richesse est toujours liée à la domination sexuelle.
La première chose que fait le pire des imbéciles qui atteint la gloire c’est de s’afficher avec un top model.
Qu’il ait acquis sa fortune par hasard, grâce à ses muscles ou à son sens des affaires.
Le désir sexuel est à l’origine de notre besoin permanent de compétition.
Compétition dans tous les domaines, du sport aux discussions de comptoir, en passant par la course au fric.
Désir souvent inconscient mais toujours présent de la cour de récréation au champ de bataille, en passant par l’usine, le parti ou l’association humanitaire.
L’homme a toujours cherché à se donner bonne conscience.
Il élabore des théories pour justifier ses comportements de domination alors que tout se réduit en fait au désir sexuel.
Cycle absurde de la vie et de la mort.
Force inouïe et totalement irrationnelle qui pousse un homme et une femme à procréer même en temps de guerre.
Un coït rythmé aux sons des bottes et du canon.
Alors que toute survie ne dépend que d'hypothétiques secours.
Terreur, horreur, abomination, mais la ponte continue de plus belle.
A peine langé, le nouveau né se trouve ballotté de caves en caves, de trous en trous, sous une pluie de bombes.
Comment les hommes ne tremblent-ils pas d’angoisse à la naissance de chacun de leurs enfants ?
Jusqu’au premier cri, jusqu’au sourire de l’infirmière qui signifie :
« il est normal ».
Quel homme peut assumer lucidement une telle responsabilité ?
Le géniteur est désormais responsable de la moindre des larmes de son enfant. Chaque sanglot devrait lui traverser le cœur et l’esprit.
Quel sentiment d’immense impuissance devant une telle vulnérabilité !
Dès son premier souffle et jusqu'à sa mort, jamais cet être ne sera à l’abri des vicissitudes de la vie.
« Heureux qui ne fut onc. Plus heureux qui retourne en rien, comme il était .» Ronsard
« … Moi, Antonin Artaud, né le 4 septembre 1896 à Marseille… d’un utérus où je n’avais que faire et dont je n’avais rien eu à faire même avant… »
Pour un homme et une femme, donner la vie est la décision la plus grave de leur existence.
Maintenant qu’il existe des moyens de contraception simples et efficaces, avant de procréer, nous devrions nous livrer à de longues réflexions, à de très longues méditations.
Il n’est pas sûr que nous disposions d'assez de temps durant toute notre vie pour faire le tour de la question.
Comment peut-on oublier que trois pour cent de nouveaux nés sont porteurs d’une malformation congénitale; qu’un enfant sur six cent cinquante est trisomique 21 ?
La naissance est la roue de toutes les infortunes !
Les vaches ruminent paisiblement alors que leurs veaux sont emmenés à l’abattoir.
L’homme se reproduit à l’égal des bêtes ; encore plus insouciant du sort de sa progéniture. Certains animaux se sacrifient pour permettre à leur progéniture d'échapper au prédateur. Le manchot reste plusieurs semaines dans le froid sans se nourrir pour tenir au chaud son petit.
Même voulue, la conception d’un enfant n’est quasiment jamais un acte individuel, conscient et réfléchi, ce n’est que le résultat d’un instinct naturel doublé d’un instinct social.
Comment des êtres soi-disant doués de raison peuvent-ils se révéler incapables, avant de la mettre au monde, d'imaginer les souffrances inéluctables que leur descendance devra subir ?
Dans L’Eloge de la folie, pour Erasme, c’est par étourderie que la femme s’unit à l’homme puisqu’elle ne pense alors ni aux souffrances de l’enfantement, ni aux ennuis de la maternité et c’est à l’oubli qu’elle doit de recommencer à procréer. Et la vie étant donnée, elle n’est supportable au malheureux bénéficiaire, qu’en l’assaisonnant d’éphémères plaisirs, c’est à dire … de folie.
Ça procrée dans tous les coins du monde, sans savoir seulement si ces gosses pourront manger, se loger, circuler, s’aimer ou tout simplement respirer.
La femme la plus intelligente n'a qu'une idée en tête : pondre, pour offrir une victime de plus à l’Eternel Sacrificateur, la Nature.
Autrefois la femme accouchait dans la douleur. C'était un juste avant goût des souffrances que son enfant allait devoir supporter !
… « Ne vous vengez pas sur vos enfants de la pire vacherie que vous ont fait vos parents : vous faire naître... »
Bernard Werber, Le jour des Fourmis.
Les parents sont des joueurs inconscients du jeu de l'oie.
Ils jettent les dés du hasard de la vie sans savoir que ce jeton, c'est leur rejeton qui en sautant de case en case, va ressentir à chaque fois appréhension et angoisse.
Pour arriver où ? Qui s'en soucie ?
Notre progéniture est bien trop aimable, trop réservée, trop respectueuse pour nous punir de notre extrême légèreté à son égard. Notre progéniture aurait-elle pitié de la brute épaisse qui l’a engendrée ?
Non, c’est la Nature qui retient son bras pour protéger l’espèce.
Combien de jeunes, mal dans leur peau, s’en prennent au premier venu ou à la société, alors que seuls leurs parents sont responsables ?
Leur révolte est certes l'affirmation d'une virilité frustrée dans un univers de compétition.
Mais il s'agit surtout d'une révolte inconsciente contre leur propre naissance. Une impulsion suicidaire freinée par l'instinct de survie.
Le prétendu "conflit des générations", n'est en fait que l'expression du ressentiment contre le géniteur.
La jalousie envers le père n'est bien qu'un mythe pour mieux cacher la réalité de la haine refoulée envers le procréateur.
Une haine refoulée parce que leurs géniteurs représentent un autre eux-mêmes.
Le garçon veut tuer son père parce qu'il est la cause de ses souffrances.
La fille, si elle est moins agressive vis-à-vis de l'auteur de ses jours, c'est qu'elle est programmée pour la ponte.
En fait sa progéniture n’appartient même pas au géniteur, mais à la Société.
Ceux qui donnent la vie semblent même de moins en moins responsables de leurs actes : l’Etat est là pour suppléer à leur incompétence, à leurs infinies carences, à leurs constantes démissions.
Pourtant la première responsabilité de l’homme, c'est sa responsabilité vis à vis de sa progéniture.
Un enfant qui n'est pas cajolé, caressé, serré contre le cœur de sa mère et de son père, sera tôt ou tard un délinquant, un tyran ou un révolutionnaire. Il aurait mieux valu que ses géniteurs s'abstiennent.
Et quand bien même serait-il entouré du meilleur amour possible, alors il se retrouverait si peu armé face aux imbéciles, qu'il aurait mieux valu qu'il ne vit pas le jour.
Ce qui est exigé de tout couple candidat à l’adoption d’un enfant devrait être le minimum demandé à tout procréateur.
Comme disait Coluche « Il y en a ils ont des gosses, on dirait que c’est parce qu’ils peuvent pas avoir de chiens ».
Des femmes atteintes du sida ont malgré tout, voulu leur bébé, sous le prétexte infâme, que seulement vingt pour cent des enfants nés de mère séropositive, étaient porteurs du virus.
Quelle criminelle inconséquence !
Les mères, de plus en plus seules et sans travail, ont à peine mis bas, qu’elles revendiquent le droit de tout avoir gratuitement.
"… Elle n'en ratait jamais une ma mère pour essayer de me faire croire que le monde était bénin et qu'elle avait bien fait de me concevoir. C'est un grand subterfuge de l'incurie maternelle, cette Providence supposée… "
L. F. Céline, Voyage au bout de la nuit.
"… Ce sont les mères qui sont seules responsables et se sont elles justement qui se dérobent presque entièrement à cette responsabilité lorsqu'elles sont mères, et s'en déchargent sur le monde extérieur. Ce sont les mères qui sont les responsables, mais on ne leur demande pourtant jamais de rendre des comptes lorsqu'il le faudrait, parce que le monde extérieur a une si haute opinion positive des mères, indéracinable depuis des millénaires… "
Thomas Bernhard, Extinction.
Ce sont des mères porteuses; c’est pour la société qu’elles pondent, c’est à la société d'entretenir leurs rejetons. L'humanité évolue dans le bon sens, vers la fourmilière.
" Voilà le problème: on met des bébés au monde et le monde les adopte. On est des ventres, c'est tout, après ça nous échappe et très vite on nous explique qu'on est hors du coup."
Véronique Olmi, Bord de mer.
Procréer, n’est ce pas aussi grave que tuer ?
Qui est le criminel, le tueur à gage ou le procréateur ?
Ils le sont tous les deux. Mais si le tueur à gage doit faire preuve de réflexion et de concentration, s'il est responsable de ses actes devant le tribunal, le procréateur, lui, se laisse aller à sa bestialité et à son irresponsabilité coutumière. Un criminel impuni que la société, au contraire, complimente et récompense.
Dans la bible comme dans le Coran, abriter sous son toit une femme stérile est un grand malheur.
Mais comment peut-on mettre un enfant au monde dans un monde qui se fout du monde ?
Dans un monde dont aucun père et aucune mère ne peuvent connaître le devenir.
Dans un monde imprévisible, sauf pour les marchands d’illusions.
La véritable histoire des hommes, le vulgum pecus ne la connaîtra jamais.
Plus le monde se complexifie, plus les turpitudes deviennent subtiles.
Là où la démocratie semble prévaloir, les corruptions sont d'autant plus efficientes qu'elles sont occultes.
Les sociétés multinationales dont les budgets dépassent ceux de certains états, présentent une gestion transparente, mais toujours doublée de comptes parallèles, pour des causes inavouables.
Dans sa naïveté le vulgum pecus, ne se rend pas compte que l’existence de ces faramineuses caisses noires sape le fond même de la démocratie et ne préserve que son illusion.
Mammon règne sur le monde depuis la nuit des temps.
Seule Sa Puissance s'est accrue au fil des siècles. Il est le véritable maître
Avec l’argent tout est possible.
L’argent de plus en plus sale et les caisses de plus en plus noires représentent le réel pouvoir.
Un pouvoir secret, sans garde fou, sans comptes à rendre, un pouvoir totalitaire mais encore plus pernicieux parce qu’invisible.
Une société secrète qui règne sur la quasi totalité du globe.
De temps en temps les médias se jettent sur quelques corrompus à la petite semaine qui se chassent l'un l'autre sans qu'on sache jamais s'ils ont été condamnés.
La plupart des hommes préfèrent la quiétude de l'ignorance et de la naïveté.
Ils refusent de voir l'absurdité de l'infernale mécanique de la vie et n’hésitent pas à abandonner dans cette galère, la chair de leur chair.
Quelle obstination dans cette volonté d'engendrer.
Ils veulent des fils !
Ils veulent que leurs fils continuent leurs œuvres inutiles !
Ils veulent que leurs fils dominent les autres avec le même acharnement qu'ils ont mis eux-mêmes à se faire haïr !
Ils veulent que leurs fils leur ressemblent, mais se sont ils jamais regardés dans une glace ?
Tous ces jolis bambins qui babillent dans leur poussette...
Peu de chance qu’ils soient demain des Mozart, mais plutôt des porcs qui n’auront de cesse que d’écraser leurs propres frères.
De drôles de citoyens qui laissent sans vergogne leur chien salir les trottoirs...
Qui laissent traîner leurs canettes de bière n’importe où.
Qui sèment cendres et mégots sur leur passage.
Qui imprègnent sans vergogne les bancs publics de la crotte de leurs souliers.
Des débiles que rien n’amuse plus que de faire du tapage la nuit sous vos fenêtres...
Tout cela est certes bien dérisoire, mais si révélateur de l’hommerie :
Désinvolture, irresponsabilité, mépris des autres...
Avec l'homme, le pire est toujours sûr… Plus il est sale, mal élevé et ignorant, plus il engendre, plus il pullule.
Riche, propre sur lui et bien élevé, il pollue comme dix mille pauvres.
Pour croire encore en l’homme, il faut avoir quelque chose à lui vendre.
« Pas d’amour à perdre en ce monde, tant qu’il y aura cent sous à gagner…» - L.F. Céline -
Jusqu'à la fin des temps, de jaloux et cruels Caïn continueront inlassablement à tuer de veules et stupides Abel.
Chacun s'étonne que la guerre continue à sévir aux quatre coins du monde, avec son lot de morts et de misères.
Mais chacun trouve légitimes les querelles qu'il entretient avec ses voisins, ses collègues de bureau, quand ce n'est pas avec son conjoint et ses propres enfants.
De toute façon, tous les hommes, à moins d’avoir la chance d’être fauchés encore jeunes, se retrouveront grabataires dans une maison de retraite.
La seule justification de l’existence humaine est alors réduite au titre de pension encaissé par l’établissement.
Quel désastre !
Dans une telle situation le bilan de la vie est bien dérisoire. Tous les plaisirs, tous les succès, si tant est qu’il y en ait eus, ne pèsent strictement rien dans la balance, par rapport à la souffrance physique, à la souffrance morale, à l’aigreur, aux regrets.
Bienheureux les stériles !
Ne rien laisser dans ce bourbier où ne règnent que le mensonge et le crime ! Tous ceux qui ont observé de près les actions des hommes, n’ont vu que trahisons, guerres, meurtres, massacres, viols, tortures… de Homère à Cioran, en passant par Shakespeare.
« La vie est un conte plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot ». Shakespeare.
« Il y a une sorte d’ordure profonde en nous et dans le monde, qu’il est extrêmement difficile de regarder en face »
André Glucksmann – Lire septembre 1997 –
Il s’agit donc de ne jamais laisser sa pierre sur ces édifices voués à un irrémédiable écroulement, voués à la ruine.
Entre le premier et le dernier jour de notre vie il serait souhaitable que le bilan soit égal à zéro, précise Cioran dans ses Cahiers.
A force de créer des machines de plus en plus sophistiquées, l'homme n'a plus besoin … des hommes, si ce n'est pour l'instant, comme consommateurs.
Demain seule une élite de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens sera vraiment nécessaire à une économie mondiale aussi rationnelle que restreinte .
L’immense majorité des êtres humains n’intéressera plus personne !
Au rythme où vont les découvertes réalisées dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie, il est évident que l'homme
de la 2è moitié du 3è millénaire sera beaucoup plus éloigné de nous que nous le sommes nous-mêmes d'Homère ou même d'Abraham.
L'homme à venir sera-t-il encore humain ?
Diogène n'aura plus besoin de sa lanterne, il n'y aura plus d'homme à chercher.
Partout, seulement des cyborgs.
La plupart des innombrables tares qui rendent les actions humaines si peu efficaces auront été supprimées. Greffes d'électronique bio-moléculaires, prothèses bioniques et autres manipulations génétiques auront rendu l'homme omniscient.
Seuls quelques-uns de ces êtres peupleront alors la terre. Juste le nombre nécessaire.
Un nombre que ces élus auront déterminé eux-mêmes, puisqu'ils n'auront plus besoin de la sélection naturelle.
Grâce à l'électronique organique, des mémoires pourront se connecter et se transmettre de générations en générations, l'homme aura réussi la transmission des caractères acquis et en particulier la transmission de la totalité du savoir connu.
Pendant que les "maîtres à penser" palabrent sur l'éthique et la science, celle-ci a déjà atteint des sommets où personne ne peut plus l'arrêter.
" … Ces chercheurs ont modifié la structure de l'ADN et des différentes molécules qui assurent la transcription des messages que
porte ce support de l'hérédité. Ils commencent ainsi à explorer un champ totalement inconnu où les lois qui ont régi l'évolution de l'ensemble des organismes vivants ne sont plus respectées…."
Jean-Yves Nau, Le Monde du 2 mars 2002.
Dans un avenir proche, des organismes vivants aux propriétés insoupçonnées et qui n'auront encore jamais été créés sur la terre vont inéluctablement sortir des laboratoires.
Apprentis sorciers + cupidité = notre monstrueux futur
Plus le temps passe, plus la science avance, plus l'écart entre le spécialiste en hautes technologies et le vulgum pecus se creuse.
Et plus l'intelligence artificielle se développe, plus la masse humaine sombre dans la débilité.
Ceux qui détiennent le savoir et le pouvoir sont de moins en moins nombreux alors que les ignorants pullulent.
C'est l'avènement d'une bien triste élite.
La question qui se pose alors est : comment la démocratie pourra-t-elle résister à cette élitocratie de fait ?
Qui peut souhaiter à sa progéniture ou à la progéniture de sa progéniture, de vivre dans un tel futur ?
Durant une période transitoire, la grande majorité de la population sera composée d’exclus. Au moins tant qu’ils pourront subsister grâce aux miettes qui leur seront saupoudrées. Tant qu’ils pourront encore servir aux démagogues de tout poil en quête de suffrages.
A noter que le suffrage universel risque de disparaître au profit du retour du suffrage censitaire.
En effet demain, même dans les pays développés, les pauvres étant plus nombreux que les nantis, ils devraient grâce aux urnes, détenir le pouvoir sur ces derniers. Une situation que ne pourront supporter
longtemps tous ceux qui ont le sentiment, d'ailleurs illusoire, de créer les richesses.
En attendant, grâce aux moyens colossaux dont disposent les médias de plus en plus au service des pouvoirs, l’humanitaire tend à devenir l’outil privilégié des démagogues.
Il arrive à faire supporter à la collectivité l’irresponsabilité, non seulement des laissés pour compte, ce qu’on peut admettre, mais bien plus sûrement les incompétences, les coups tordus, quand ce ne sont pas les crimes de tous les soi-disant « décideurs ».
En effet les dons reçus par les "restos du cœur" et autres "Téléthon" qui soulagent pourtant une partie de la misère, ne représentent qu'une goutte d'eau par rapport à l'océan des gabegies, dépenses aberrantes et autres détournements de fonds publics et privés.
L’humanitaire n’est qu’un trompe-l’œil de plus, souvent doublé d'un business sûr.
Discours altruistes pour la pêche aux voix. Bonne conscience de quelques bien-pensants, fonds de commerce de la plupart.
« Non content de l’avoir dressée à la religion, on veut maintenant que la grande masse soit aussi obligée de s’occuper de tout ce qui est humain. Le dressage devient toujours plus général et plus vaste. »
Max Stirner. L’Unique et sa propriété.
Certains ne sont même pas à l'écoute de leurs propres enfants, mais ils prétendent sauver le monde.
Institution hypocrite, la Solidarité ne dérange en rien l’égoïsme qui est au plus profond de l’homme et en particulier au plus profond de la tête de ceux qui manipulent les masses.
La solidarité est une escroquerie, la preuve en est que celui qui la prêche, la fait toujours payer aux autres.
Ce ne sont pas les humains qu’il faut protéger, mais les Bonobos, ces
singes qui ont tant à nous apprendre.
Ils sont pourtant menacés d’extinction, alors que l’homme pullule.
Aujourd'hui, la charité, les aides de toutes sortes, permettent à tous ceux qui ne produisent plus, de consommer quand même, puisque la consommation est devenue la véritable finalité de l'existence de l'homme.
La charité n'est qu'un des rouages du système de cohésion sociale. La charité c'est le lubrifiant indispensable au bon fonctionnement de la tyrannique machine Marchandise.
La charité permet de maintenir les désirs et les envies des plus
défavorisés pour que leur volonté de vivre demeure, pour satisfaire au principe stupide de tout système politique selon lequel " il n'y a de richesse que d'hommes ".
En fait, qu'est ce que la charité ?
L'enfant qui sort du ventre de sa mère, et qui n'a rien demandé à personne, serait déjà responsable des misères du monde et des crimes de tous les potentats mégalomanes qui sèment la terreur sur la terre ? Responsable devant qui ?
Les bonnes œuvres, après avoir été le passe-temps des dames bien nées, sont aujourd'hui devenues une véritable institution, avec ses métiers et ses fonctionnaires.
C'est le monstre social en effet qui inculque à l'homme l'entraide, alors que la logique devrait le pousser à renvoyer le souffrant, le misérable à ses procréateurs.
Va demander de l'aide à ceux qui t'ont mis au monde !
Et toi-même misérable, inconscient et stupide qui procrée également !
Que ceux qui ont le désir d'engendrer n'attendent pas des autres la manne pour nourrir leur progéniture !
La charité apporte un espoir totalement vain. La seule conséquence de toute aide est de favoriser encore la reproduction en faisant croire à des lendemains meilleurs ou à des paradis futurs.
Pourquoi faire l'aumône au mendiant assis sous le porche ?
En quoi le passant anonyme est-il responsable des conséquences désastreuses du coït bestial des parents de ce pauvre hère ?
Ils ont pris leur plaisir et maintenant où
sont-ils ?
Qu'ont-ils construit pour cet enfant ?
Stupide rejeton d'un couple stupide !
Chaîne infernale et sans fin de l'imbécillité et de la méchanceté !
La charité ne fraye son chemin sinueux et pervers que là où règnent l'injustice, la malhonnêteté et l'abus de pouvoir.
La charité est la caution de ces manifestations de l'instinct de domination.
La charité cautionne également l'absurde loi du hasard qui fait tourner impitoyablement la roue de l'infortune des naissances.
De même toute consolation est trompeuse, hypocrite, elle tranquillise mais ne peut guérir. Elle empêche de chercher et de trouver la sortie, c’est une prison.
Le véritable fléau, ce n'est ni la misère ni la pauvreté, mais la naissance, cause de l'une et de l'autre.
La mendicité n’est honorable que lorsqu’elle est un choix : le choix du refus du monde. Le choix des Cyniques, le choix des Gnostiques, le choix des moines bouddhistes.
Seule attitude révolutionnaire sans aucune compromission possible. Révolution jamais entachée par le pouvoir et donc par les abus de pouvoir. Seule attitude philosophique qui dépasse les rodomontades habituelles, parce qu’elle se vit et se moque de la mort.
Les Euchites, membres d'une des multiples sectes gnostiques, vivaient uniquement de mendicité. Ils refusaient tout travail comme toute richesse. Ils passaient leur temps à mendier et à faire l’amour, tout en refusant la procréation. Libertaires et insoumis, ils se considéraient tous égaux et mettaient les aumônes reçues en commun.
Qui sont les esclaves aujourd'hui ?
Ce sont tous ces soi-disant "actifs" qui ne font en fait que s'agiter en s'accrochant à leur pseudo travail comme si c'était la seule façon de vivre.
Fiers de leur pouvoir d'achat, ils exhibent leurs avoirs comme si c'était leur sexe.
Autant de chaînes aux mains et aux pieds que dans leur petite tête. Des pauvres d'esprit qui ont perdu leur être.
Les complices, les collaborateurs des Grands Prêtres de Mammon.
Ce sont les damnés d'une terre en péril.
Les damnés d'une terre délibérément saccagée et défigurée à coup de tractations perfides, sur l'autel du profit.
Face à l’évidence du délabrement de la terre : épuisement des ressources, déforestation, empoisonnement des nappes phréatiques et autres catastrophes provoquées par l’incurie des hommes, les maîtres de la pensée correcte proposent mille mesures de replâtrage et « un accroissement énorme de l’aide aux pays pauvres pour diminuer l’écart toujours croissant entre les plus démunis et les plus nantis » (Hubert Reeves).
Si le quart de la population mondiale qui dispose d’un bon niveau de revenu a réussi en peu de temps à épuiser la terre (20% de la population planétaire consomme 80% des ressources naturelles), que deviendra celle-ci sous le joug de dix milliards de prédateurs ?
Il faudrait donc imposer en même temps aux nantis des restrictions drastiques afin qu’ils fassent la moitié du chemin vers… la pauvreté.
« Vivre simplement pour que d’autres, simplement, puissent vivre . »
Gandhi
Des nantis moins obèses et moins pollueurs dans une société tendant vers la croissance zéro. C’est ce que proposaient en 1972 les sages du Club de Rome, traités de fous à l’époque.
Un scénario qui ne sera jamais écrit tant les hommes sont insensés.
La charité devrait être réservée à ceux seuls qui n'ont pas commis le crime de procréation.
La seule charité concevable, c'est aussi celle qui permet d'aider une femme à avorter si elle le désire.
Mais la plupart veulent pondre et exposer leur beau bébé aux yeux du monde toujours également charmé.
Mais de la roue de l'infortune des naissances sortent également handicapés divers et débiles profonds ou tout simplement insatisfaits
de naître, insatisfaits de n’être qu’un rouage de plus dans une mécanique sans finalité.
Combien parmi cette ribambelle de bambins se retrouveront bientôt en difficulté scolaire, délinquants, dealers ou carrément drogués.
Adultes ils iront rejoindre les cohortes des exclus.
Certains de ces enfants deviendront certes des élèves modèles. Ils seront l'orgueil de leurs parents qui pourront ainsi pavaner.
Mais les parents se soucient peu de savoir si c'est vraiment dans la nature de leur enfant de réussir, de devenir l'un de ces petits ou grands chefs stressés, paranos, emportés le plus souvent dans la force de l'âge par un accident d'automobile, d'hélicoptère, un banal infarctus ou tout bêtement assassiné par une petite frappe en mal de carte de crédit.
Qu'importe l'absurdité de l'existence, tant que le Tyran Marchandise conserve le pouvoir de conditionner les consommateurs à posséder toujours plus d'objets inutiles, à se précipiter toujours après leurs appétits insatiables.
C'est l'ère du " dernier homme " nietzschéen, l'ère " des inventeurs de bonheur ".
Pour Epictète toute satisfaction qui ne repose que sur l'acquisition de biens matériels est fragile, lourde de désillusions et de désenchantements si ce n'est de malheurs. L'harmonie et la paix sont à trouver en soi et non dans la dépendance des choses.
« Le bonheur ne consiste pas à acquérir et à jouir, mais à ne rien désirer, car il consiste à être libre… »
« Les fins triviales des entreprises humaines, les biens matériels, les succès superficiels, le luxe, m'ont toujours paru méprisables… » Albert Einstein (Pensées intimes).
Nous ne sommes pas possédés par le diable, mais par les biens que nous croyons détenir à jamais.
Tout ce qu’on bâtit, tout ce qu’on acquiert, s’accumule sur nos épaules, nous fixe au sol, nous empêche de prendre notre envol.
Plus nous comptabilisons ce que nous possédons, moins nous connaissons nos richesses intérieures.
« Tout homme a pour maître celui qui peut lui apporter ou lui soustraire ce qu'il désire ou ce qu'il craint. Que ceux qui veulent être libres s'abstiennent donc de vouloir ce qui ne dépend pas d'eux seuls: sinon, inévitablement, ils seront esclaves… » Epictète.
« On ne devient invulnérable que par l'ascèse, c'est-à-dire en se refusant tout. C'est alors que le monde ne peut plus rien sur nous…» Cioran. Cahiers 1957-1972.
« Là où il n’y a rien, la tempête se déchaîne en vain. »
Albert Cossery. Mendiants et Orgueilleux.
Le sage n'a rien à faire de la charité. S'il a fait le choix de ne pas devenir l'esclave des désirs et des passions, ce n'est pas pour aider les autres à y succomber.
L’homme n’a rien appris. Il y a environ 2500 ans, la planète comptait quelques Socrate et quelques Siddhartha Gautama sur une centaine de millions d’habitants. A l’évidence il n’y en a pas beaucoup plus aujourd’hui sur six milliards d’êtres humains.
Y aura-t-il un seul sage demain sur cette planète ?
Aujourd’hui, avec la publicité, des sommes considérables sont investies dans l’exacerbation des désirs.
Une publicité agressive qui utilise tous les arts et toutes les techniques pour mieux subjuguer, mentir et tromper sans vergogne…
À la vue de tous ces objets dans les catalogues ou sur les rayons des grands magasins, le sage pense aujourd'hui comme hier : « Combien il y a de choses dont je n’ai pas besoin ..! »
Une nouvelle grande tyrannie s'est installée dans le monde, écrit Philippe Sollers dans La fête à Venise : la tyrannie de la marchandise!
Avec comme nouveau commandement : Tu convoiteras tout ce qui est vu à la télé.
" L'humanité n'est plus qu'une clientèle" (Alexandre Vialatte).
La conséquence est inéluctable, c’est l’exacerbation des frustrations, l’exacerbation des souffrances et des douleurs, donc l'exacerbation des sentiments de révolte.
Les hommes politiques, dépassés et sans réel pouvoir, sont eux-mêmes de plus en plus manipulés par les prêtres de la nouvelle religion : la marchandise.
Seul le désordre de la rue exprime le dégoût des populations.
« J’ai une perception si directe des désastres que nous réserve l’avenir, que je me demande où je trouve encore la force d’affronter
le présent... Le bonheur est l’apanage de ceux qui ne peuvent
imaginer l’avenir… La civilisation serait ignoble si elle n'était pas condamnée.., » écrit encore Cioran dans ses Cahiers .
Certains voient beaucoup plus loin que là où leur regard peut porter. Ils conçoivent le monde par-delà ce que leurs sens perçoivent.
Paul Valéry nous avait prévenus : « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ».
En fait toute civilisation comme tout être vivant, naît, croît et meurt.
Mais l’homme se croit toujours le fils de Dieu, il cherche des coupables à sa misérable condition, mais ignore sa propre responsabilité de procréateur.
« Si nous sommes la source de nos maux, à qui nous en prendre ? A nous-mêmes ? Nous nous arrangeons heureusement pour oublier que nous sommes les vrais coupables, et d'ailleurs l'existence
n'est tolérable que si nous renouvelons chaque jour ce mensonge et cet oubli…» Cioran. De l'inconvénient d'être né.
Tout effet a une cause. Les dictatures passées comme celles qui sont à venir, arrivent toujours à point pour punir les peuples
veules, entraînés hors du bon sens par les démagogues et les corrupteurs.
Quant aux dictateurs, ils prétendent asseoir leur légitimité sur la quête d’un hypothétique Surhomme.
Mais le Surhomme nietzschéen fait bien rire Cioran :
« L’auteur de Zarathoustra... Je le trouve trop naïf... Il n’a observé les hommes que de loin. Les aurait-il regardés de près, jamais il n’eût pu concevoir ni prôner le Surhomme, vision farfelue, risible sinon grotesque...»
Dès que l'homme le plus ridicule soit-il, détient un minimum de pouvoir, il en abuse déjà; alors un Surhomme..!
L'Histoire d'ailleurs ne manque ni de surhommes ni de surdoués, c'est pourquoi toutes ses pages sont rouges de sang. Le sang, carburant de la Grande Mécanique de la nature.
Tant d'énergie pour tant de dérisoires et éphémères vanités.
L’homme est le seul être vivant capable de regarder ce spectacle aussi grandiose qu'inutile avec compassion, ironie ou cynisme.
Il est le seul également à pouvoir arrêter le processus et refuser son rôle de géniteur.
Mais l’homme semble préférer son animalité.
" Ils ont des oreilles, mais n’entendent pas... Ils ont des yeux, mais ne voient pas..."
L'homme est passé maître dans l'art de la dialectique. Mais la raison est dérisoire face au Mal, face à l'Inconcevable Réalité : des crimes des nazis à ceux des Khmers rouges.
En attendant des guerres civiles aussi proches que prochaines.
Il est plus facile de condamner la barbarie, de la montrer du doigt, de loin, avec une moue dégoûtée, plutôt que de chercher à savoir quelles en sont les causes.
Se focaliser sur les massacres et autres génocides du XXè siècle procède d'ailleurs d'une vision étriquée qui fait peu de cas des indiens d'Amérique ou des Noirs d'Afrique, considérés comme non-humains, esclavagisés et décimés par les bons chrétiens. Sans compter les cathares exterminés et les victimes de toutes les croisades.
Seuls les hommes sont capables de crimes innommables.
Pour Primo Levi les crimes des nazis sont " non humains " ; ce qui s'est passé à Auschwitz" ne peut pas être compris, ne doit pas être compris, parce que comprendre c'est presque justifier ".
C'est une façon de se voiler la face, de croire encore que nous sommes des fils d'un Dieu bon qui peut encore nous protéger contre le Mal, alors que nous ne sommes que des animaux dénaturés. Pourtant l'auteur du Devoir de mémoire n'en écrit pas moins :
« Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux, ceux qui sont plus dangereux, ce sont les hommes ordinaires, les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter…»
Pour Primo Levi (qui s'est suicidé) seul le détachement nous permet de faire obstacle à ceux qui ont le pouvoir de nous asservir et de nous avilir.
Dans un tel monde, pourquoi apprendre le détachement à des enfants, alors qu'il est évidemment préférable de ne pas les mettre au monde.
Une vie suffit à peine pour méditer sur l'incohérence du monde, mais les hommes passent leur temps à s'agiter, à s'occuper de futilités.
Ils ne se réveillent le plus souvent qu'au seuil de la mort.
Ils en ont peur parce qu'ils la voient en face.
Mais il est trop tard pour apprendre.
"La crainte des dieux et de la mort résulte de l'ignorance" selon Lucrèce.
L'angoisse de la mort c'est l'intuition des regrets qui vont nous submerger lorsque nous allons quitter tous les biens terrestres que nous avons eu tant de mal à accumuler et auxquels nous sommes si attachés.
C'est la peur de perdre tous ces objets de pacotille, toutes ces illusions qui ont représenté pour nous tant de buts incontournables, de quêtes incessantes.
Alors qu'il n'y a plus de retour en arrière possible, c'est la peur de découvrir la vanité de toute vie, de tant d'exploits, de tant de
souffrances reçues et distribuées sur notre chemin de prédateur impénitent.
Aux vieux, on accorde enfin le droit de penser et le temps de réfléchir lorsque leurs facultés faiblissent, lorsque le conditionnement social a achevé son œuvre.
En fait l’homme met toute son énergie et tout son génie à ne pas entendre, à ne pas voir.
L’homme a horreur du vide, il a horreur de se retrouver face à lui même, face à ses contradictions, face à la tristesse de sa condition.
C'est pourquoi il cherche constamment à se meubler l'esprit.
Heureusement il a la radio ; des hauts parleurs dans toutes les pièces , dans sa voiture, dans son bureau.
Des télévisions aussi, autant d’amplificateurs de l’insignifiance, du dérisoire et du futile, quand ce n’est pas de la pire des violences.
La télévision perfuse démocratiquement à tout un chacun l'American Way of Life.
Idéologie du Fric saupoudrée d'amusements débiles avec applaudissements enregistrés.
Ce qui est bon pour le chien de Pavlov est également bon pour six milliards d'êtres humains.
La télévision étale au grand jour les turpitudes, les mesquineries et la bassesse de pensée des puissants, des vedettes de tout poil, des héros de papier et des demi-dieux cathodiques du jour.
Auparavant, profiteurs et magouilleurs faisaient leurs coups en douce, aujourd'hui ils sont fiers de se donner en spectacle devant un peuple qui ne croit plus en rien mais reste avide de tout.
Un peuple aussi dégoûté que frustré et envieux.
La télévision est devenue le "Maître à Penser" de la masse.
Or "quand un aveugle guide un autre aveugle, ils tombent tous les deux dans le trou" (Evangile de St Thomas).
La télévision c'est la victoire du lénifiant, le triomphe des idées toutes faites, captées les unes derrière les autres sans temps de réflexion. Images ingurgitées sans filtre, rêves préfabriqués, peurs et angoisses programmées… Tout cela distillé dans un récepteur qui n’a plus de cerveau que le nom.
Un cerveau devenu « un labyrinthe à mirages » comme l’appelle Jacques Lacarrière.
ARMAGEDDON dégueule son brouhaha pour anéantir le SILENCE, la seule voie qui mène à la Paix.
" Panem et circenses " se traduit aujourd'hui RMI et télévision.
Les médias audiovisuels sont les nouveaux jeux du cirque.
Un proverbe chinois dit qu'une image vaut dix mille mots. C'est sans doute pourquoi aujourd'hui le conditionnement par l'image est infiniment supérieur à tous les assujettissements de l'esprit que l'homme a pu connaître dans toute son histoire.
Un sage chinois de l'antiquité disait aussi : « lorsque les images bougeront, ce sera la fin de l'homme ». Il voulait dire la fin de l'homme pensant.
Et Bill Gates, héros des temps nouveaux a osé avouer " Qui maîtrise les images, maîtrise les esprits".
Les images de la télévision présentent un monde idéal mais totalement mensonger, où chacun, triste, grossier et mortel se retrouve dans une situation de dépendance hypnotique pire que celle des anciens grecs vénérant les dieux de l'Olympe.
La frénésie parkinsonienne du zapping est un handicap majeur à la méditation et à l'introspection.
C'est une perte immense pour l'individu. Mais c'est un très bon entraînement au conditionnement intégral.
C'est un gain de temps pour l'homme bionique de demain, l'homo zapiens dressé à réagir très vite à tous les stimuli.
Grâce à l'omniprésence des médias, le regard de l’homo-consommatus ne peut se perdre ; il a toujours quelque chose sur quoi se fixer, s’hypnotiser.
Afin que jamais, au grand jamais l’homme ne soit pris par le vertige, face à l’abîme d’une minute de silence.
Des fois que sa glace lui renvoie l’image de sa nature profonde.
Des fois qu’il en arrive à se demander pourquoi il fait ceci et cela plutôt que rien.
Des fois qu’il ait l’idée de tenter de se connaître un peu plus lui-même.
Celui qui peut rester un quart d’heure sans rien faire est déjà suspect.
L'oisiveté a toujours été considérée comme un vice par ceux qui sont incapables de penser réellement, c'est-à-dire de conduire une démarche de l'esprit hors du conditionnement social.
Ils détestent l'oisiveté parce qu'elle leur donne le vertige.
Le vertige devant le vide de leur cerveau.
Un cerveau strictement cantonné à l'enregistrement des signaux émis par le Grand Logiciel Social. Des signaux du type "L'avenir est à ceux qui se lèvent tôt" ou "Ne jamais remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même".
Par définition personne ne peut se rendre compte de ses propres conditionnements. Aujourd’hui les gens sont conditionnés par l’humanitaire, la solidarité, le progrès, le bonheur, comme ils l’étaient précédemment par la religion, le travail, la famille ou la patrie. Un conditionnement social chasse l’autre.
A longueur de journée les médias présentent les misères du monde à travers des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants dans des situations de misère extrême du fait de la famine ou de la guerre.
C’est pour imprimer en chaque électeur de base des sentiments de culpabilité. Il s’agit pour les politiques et pour tous ceux qui profitent du commerce de l’humanitaire et du commerce tout court, de pouvoir toujours compter sur une armée de naïfs très sensibilisés à une foison de faux problèmes. Les manipulateurs ayant l’art de faire croire qu’ils sont les seuls à détenir les réponses.
Près d’un siècle plus tard il semble inconcevable que tant d’hommes aient été victimes de la boucherie de 14-18, une hécatombe supportée à l’époque sous le prétexte dérisoire du patriotisme.
" On croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels".
Anatole France
Aujourd’hui les travailleurs acceptent d’être ponctionnés des trois quarts de leur salaire sous le prétexte de Solidarité. Fausse solidarité parce qu’à coté de prélèvements tout à fait justifiés comme ceux qui concernent le chômage, la santé ou la retraite, ils doivent payer aussi pour soulager la misère du monde qui n’est pas de leur fait, qui est le fait de la corruption et de l’abus de pouvoir et de la bêtise.
Ils sont saignés à blanc pour que tous ceux qui les grugent puissent continuer leur exploitation et que les parasites puissent continuer à consommer et à procréer.
La société inculque la solidarité à ses membres tout simplement pour que jamais l’instinct naturel de procréer ne soit mis en cause. Comme si tous les membres de la société étaient solidairement responsables de tous ceux qui y naissent. Alors que nous ne sommes pas responsable de notre propre naissance, la société nous rend responsable de toutes les naissances.
Celui qui part à la recherche de soi, qui cherche à se libérer d’un maximum de conditionnements sociaux, se retrouve évidemment seul face à tous ceux qui n’ont pas accompli la même démarche. Une démarche qu’ils ne peuvent pas comprendre :
« … le fils sera contre le père, le père contre le fils… »
La caractéristique même de l’esprit, c’est la rébellion.
Rare sont ceux, comme le Christ ou le Bouddha qui ont la force de résister à la pression sociale. Les autres doivent ruser, feindre, conserver un vernis d’être social et continuer leur voyage intérieur en bon acteur, en respectant un minimum de conventions extérieures pour donner le change. Sinon la société vous brise, comme elle a détruit avec patience et méthode Antonin Artaud et tant d’autres.
Si chacun savait à quel point il est seul et incompris, il se suiciderait à l’instant. Heureusement la société a inventé pour ses rouages humains mille artifices pour qu’ils soient tous persuadés de servir à quelque chose et la nature a mis suffisamment d'hypocrisie en chacun de nous pour faire croire aux autres que nous nous intéressons à eux.
Lorsqu’on connaît parfaitement l’homme, on voit clair dans son jeu. On prévoit ses erreurs et ce qui l’attend au tournant.
Les autres ne comprennent pas notre manque d’étonnement face aux catastrophes qui les frappent, ni nos yeux secs devant les malheurs qu’ils subissent. Mais comment s’étonner de ce qui est inéluctable, de ce qui n’est que la conséquence directe de la mécanique de la survie de l’espèce et de la propagation du genre humain.
Procréer alors qu’on vit dans la misère est la pire des cruautés infligée à l’innocent qui naît dans des conditions qu’il aurait évidemment souhaitées autres.
Les meilleures conditions de vie ont d’ailleurs leurs revers, elles sont de toutes façons impermanentes, aucune n’est enviable. L’homme croit toujours que ce qui le frappe est dû aux autres ou à quelques démons alors que la cruauté est en lui-même.
C’est pourquoi l’absurde spectacle de l’histoire des hommes laisse le sage froid et sans réaction.
Avant la radio et la télévision, la société avait inventé les fêtes, les foires, les carnavals, et même les processions pour occuper l’esprit des hommes entre deux corvées.
Fanfares, cris, chants, mouvements, lumières, couleurs, mais si peu de joie dans les cœurs.
Les costumes et les masques ne parviennent même pas à cacher la tristesse et l’ennui.
Aujourd'hui, même notre bon sens est étouffé par des myriades de scories médiatiques. Nous laissons notre mémoire se transformer en dépotoir où se déversent en continu matraquages publicitaires, informations inutiles et discours dérisoires.
Pollutions de l'esprit, insultes permanentes au silence, à la méditation, à la reconquête de soi.
C'est pourquoi il est urgent de s'entraîner au tri sélectif.
Il faut se protéger de la " Tyrannie de la Marchandise " en ajustant des filtres à chacun de nos sens.
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